Henry de Groux, Quand les bourgeois dorment dans leurs lits

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Henry de Groux, Quand les bourgeois dorment dans leurs lits, s.d. (1893)., lithographie. 555 x 385 mm. État : papier jauni, pliures. Provenance : Collection Maurice Frison, magasin Oxfam 1973, collection J.F. Brigode, collection particulière belge, découverte dans la même farde que l’estampe de Charles Doudelet présente dans ce catalogue

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Description

Henry de Groux (1866-1930)

Bruxelles – Saint-Josse-ten-Noode, École belge

 

Henry de Groux était le fils de Charles Degroux (1825-1870), un peintre réaliste belge qui eut une grande renommée et importance dans l’histoire de l’art belge du 19ème siècle (Deschamps 2019 : 170). Malheureusement, son père mourut en 1870 alors qu’il n’avait que quatre ans (Laoureux 2019 : 31).

De 1877 à 1882, il aurait fréquenté l’atelier privé de Jean-François Portaels (1818-1895) à Bruxelles après avoir suivi les cours de dessin dispensé par le même maître au collège de Vilvorde (Laoureux 2019 : 31 ; Deschamps 2019 : 170). En 1882, il entra à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles pour y rester un an et, en 1884, il entra à l’Ecole nationale des Beaux-Arts à Paris, inscrit dans l’atelier de Jean-Léon Gérome (1824-1904) (Laoureux 2019 : 31). En 1885 et 1886, il participa à la neuvième et dixième exposition du Cercle de l’Essor (Laoureux 2019: 32 ; Deschamps 2019 : 170).

A la fin de l’année 1886, de Groux fut élu membre du Groupe des XX en remplacement de Charles Goethals (Laoureux 2019: 32). En 1887, il y exposa sept pièces dont le projet de fresque décorative pour l’hôtel du baron de Haulleville consacré à la Procession des archers (Laoureux 2019: 32).

En 1888, il peignit le « Christ aux outrages« , exposé au Salon triennal de Bruxelles en 1890 mais refusé au Salon du Champ de Mars (ou Salon de la Société nationale des Beaux-Arts) à Paris en 1892. Il fut toutefois exposé dans une grange prêtée par le peintre Osbert et attira l’attention, au point qu’elle fut présentée au pavillon des Arts libéraux. (Deschamps 2019 : 170).

En 1888, il exposa au Salon des XX une série intitulée Waterloo, Trois rêves après la bataille. En 1889, il revint avec la Procession des archers à Machelen et une Charge de cuirassiers à Waterloo.

Lors du banquet d’ouverture du Salon des XX en février 1890, de Groux provoqua un scandale, il lui était intolérable que ses toiles soient placées à proximité des Tournesols de Van Gogh. Il rapporta même des propos injurieux à Paul Signac et Toulouse-Lautrec qui soutenaient la cause de Van Gogh (Laoureux 2019: 34). Les membre du Cercle des XX votèrent ainsi à l’unanimité l’exclusion de leur confrère (Laoureux 2019: 34). De Groux préféra démissionner et organia une exposition en duo avec Degouve de Nuncques (1867-1935) dans la maison-atelier qu’ils occupaient à Schaerbeek.

Dès 1891, il choisit de s’installer à Paris où il rencontra Léon Bloy, avec qui il se lia d’amitié et pour lequel il illustra des romans. En 1893, il se marie à Marie Engel.

Trois ans plus tard, en 1896, il présenta une série de grands pastels retraçant l’épopée napoléonienne ses œuvres à la Libre Esthétique, suite à une invitation de Octave Maus (Assmann et all. 2006 : 349). Il y réexposera l’année suivante. (Deschamps 2019 : 171)

Il exposa ensuite à la Galerie Georges Petit à Paris en 1901 et en 1903, il partit pour Florence, où il développa un riche réseau de relations artistiques à Florence et à Rome. Toutefois, en 1904, une crise personnelle et financière le conduisit à l’hôpital psychiatrique de San Salvi, où il resta quelques semaines avant de réussir à s’échapper. Marchant à pied jusqu’à Gênes, il embarqua pour Marseille, où il fut finalement récupéré par sa femme (Deschamps 2019 : 171).

En 1907, il participa à la première exposition du cercle l’Estampe dont il fut l’un des membres fondateurs (Deschamps 2019 : 172).

En 1909, il se mit à la sculpture. Domaine où il aura de nombreuses commandes pour des effigies d’écrivains (Deschamps 2019 : 172).

En 1911, installa son atelier à l’Abbaye de la Cambre et exposa au Salon d’automne à Paris. La même année, il fut décoré de l’ordre de Léopold. Il quitta finalement Bruxelles en 1914 pour rejoindre sa famille en France (Deschamps 2019 : 172). Il se trouvait à Paris lorsque la guerre éclata et dès l’année suivante, il se trouva au plus près des zones de combat et y réalisa des dessins qui serviront de base à ses peintures et pastels ultérieurs (Deschamps 2019 : 172). Il illustra également ces évènements dans un album de quarante eaux fortes. ((Assmann et all. 2006 : 349))

A partir de 1920, il vécut fréquemment en Provence, à Avignon, au Palais du Roure de Jeanne de Flandreysy, à Marseille ou à Vernègues. Il envoya en1922 des œuvres à la Biennale de Venise.

Dès 1928 sa santé se dégrada et décéda à Marseille, dans un hôtel du Vieux-Port (Deschamps 2019 : 173)